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Retour sur les Jeudis de Grenelle — « Pour une écologie exigeante »

Par 20 février 2026 No Comments

Retour sur les Jeudis de Grenelle — « Pour une écologie exigeante »

Le jeudi 12 février, la grande salle du Foyer de Grenelle a accueilli une soixantaine de participants pour une rencontre dense et stimulante autour d’une écologie à la fois engagée, lucide et collective. La soirée, ouverte à tous, a donné lieu à un débat respectueux, nourri par des interventions complémentaires et des échanges riches avec le public.

Intervenants :

Alexis Guérit, secrétaire général de Église Verte

Bernard Brillet, ancien directeur au Ministère de l’Écologie

Jean Fontanieu, conférencier pour The Shift Project

Une société en transition, traversée de tensions
Les échanges ont d’abord souligné que de nouvelles valeurs émergent progressivement dans une société longtemps structurée par la consommation. Cette évolution se fait avec hésitations, retours en arrière, luttes de pouvoir et contradictions. La transition écologique n’est pas linéaire : elle se construit dans le débat, l’expérimentation et parfois le conflit d’intérêts.

Inventer un monde commun, en partageant le pouvoir
Un consensus fort s’est dégagé : un autre modèle est possible, à condition de ne pas agir seuls et de partager les responsabilités avec les plus fragiles. L’écologie exigeante implique une justice sociale concrète et une gouvernance plus inclusive, condition de sa légitimité et de son efficacité.

Technologie décarbonée et sobriété assumée
Le futur esquissé reposera sur des technologies décarbonées, mais aussi sur une sobriété choisie puis nécessaire, appelée à concerner l’ensemble de la société — en premier lieu les plus riches. Les intervenants ont insisté sur le débat à ouvrir concernant l’ampleur des investissements requis et les modalités de leur financement.

Exercer l’esprit critique face à la consommation
Les participants ont été invités à distinguer l’essentiel de l’accessoire, en développant un regard critique sur nos habitudes. Réduire l’empreinte écologique suppose aussi d’alléger notre dépendance à la consommation et de redéfinir ce qui fait réellement qualité de vie.

Se relier au vivant
Au-delà des solutions techniques, la transition passe par un changement de rapport au vivant : se relier aux plantes et aux animaux, retrouver le temps de la contemplation, et réinscrire l’action écologique dans une relation sensible au monde.

Le rôle moteur des petits groupes
Enfin, l’importance des petits collectifs a été mise en avant : souvent discrets mais déterminants, ils constituent l’avant-garde des transformations sociales. Les grandes mutations naissent fréquemment de minorités actives qui expérimentent d’autres manières de vivre et d’agir.

Cette rencontre a confirmé l’intérêt du public pour des espaces de réflexion exigeants et ouverts, capables d’articuler enjeux climatiques, justice sociale et transformations culturelles. Le Foyer poursuivra ces temps de dialogue pour nourrir l’engagement citoyen à Paris et au-delà.