Vie du Foyer

Les repas du mercredi au service des accueilli.e.s

Par 18 septembre 2023 No Comments

VIE DU FOYER

TÉMOIGNAGE
AMIDUF N°405
mai - juin - 2023

Les repas du mercredi au service des accueilli.e.s

Le beau tĂ©moignage de SƓur Marie-Jo Dupuis, bĂ©nĂ©vole, sur ces moments forts de partages et d’entraides. Les restrictions sanitaires, pendant et aprĂšs confinement, sont derriĂšre nous, et la vie des repas du mercredi a repris. Comme d’habitude.

JMB. D’aprùs SƓur Marie-Jo Dupuis

ArrivĂ©e Ă  Paris et cherchant un engagement dans le quartier, je trouve une association qui veut bien me recevoir : « Le Foyer de Grenelle », proche de la rue Violet, oĂč je reste. Mon premier contact se fait avec le Pasteur Christophe [Verrey] qui me prĂ©sente le Foyer, un lieu d’accueil et d’éducation populaire mais aussi un lieu d’échanges et de ressourcement spirituel. Il me propose de participer aux Repas du mercredi.

Un moment fort. Avec le temps de prĂ©paration partagĂ©, accueilli.e.s/ bĂ©nĂ©voles, le Repas du mercredi est convivial. Il peut ĂȘtre un temps de dĂ©tente, un temps de partage entre les bĂ©nĂ©voles et les personnes accueillies, en cherchant toujours le respect mutuel. Je ne participe pas aux repas proprement dits, mais je sais que c’est aussi un moment fort, pour les personnes accueillies comme pour les bĂ©nĂ©voles. Je n’ai pas oubliĂ© mon premier mercredi, avec l’accueil de Jean-Michel, responsable de l’activitĂ©, et celui des bĂ©nĂ©voles et des accueilli.e.s. Beaucoup d’animation. Quelques-un.e.s travaillent vraiment, d’autres parlent beaucoup, vont chercher un cafĂ© dans la piĂšce d’à cĂŽtĂ© oĂč se prĂ©parent soupes, entrĂ©es, plat du jour.

Chaque mercredi aprĂšs-midi, nous nous retrouvons en grand nombre dans une bonne ambiance mĂȘme si c’est quelquefois difficile du fait de conflits entre accueilli.e.s, jusqu’à la violence parfois. De belles entraides. Un jour, nous prĂ©parions les desserts. Une jeune femme africaine arrive, son bĂ©bĂ© de dix jours dans les bras. AprĂšs quelques jours Ă  l’hĂŽtel, elle se trouve Ă  la rue. Elia, une accueillie mexicaine, lui propose de la recevoir chez elle en attendant qu’elle trouve un hĂ©bergement. Huit jours aprĂšs, la dame est partie, sans rien dire Ă  Elia. « Je l’ai hĂ©bergĂ©e de bon cƓur, je n’avais pas Ă  connaĂźtre sa situation. Elle Ă©tait libre d’aller retrouver qui elle voulait »

Jean-Michel, Suzanne et Kim

J’étais dans l’action de grĂące pour cette attitude de dĂ©sintĂ©ressement et de discrĂ©tion. Elia savait, par expĂ©rience, qu’il est difficile de dire pourquoi on se trouve Ă  la rue, dans un autre pays que le sien et avec un bĂ©bĂ© dans les bras. Comme la veuve de l’Évangile, Elia avait donnĂ© ce qu’elle avait pour vivre.

Des partages. Tout en prĂ©parant les desserts, j’ai davantage connu Henri. Toujours ponctuel, il aimait travailler avec moi. Au-delĂ  de son Ă©ternel impermĂ©able « Ă  la Colombo » qu’il gardait pour travailler, il avait une certaine distinction et je percevais sa bonne Ă©ducation et sa culture. Je sentais cependant une souffrance qu’il n’exprimait jamais malgrĂ© une rĂ©elle proximitĂ© entre nous. En juin, nous avons appris qu’Henri avait Ă©tĂ© retrouvĂ© mort chez lui. Toute l’équipe prĂ©sente ce jour-lĂ  a fait mĂ©moire d’Henri.

 

Le confinement.  Pendant cette pĂ©riode si particuliĂšre, la plupart des activitĂ©s ont Ă©tĂ© supprimĂ©es, comme le Repas du mercredi. Alors, chacun essaye de joindre les personnes accueillies pour ne pas les laisser seules. L’une d’elles dĂ©clare : « on tient le coup, dehors on n’aura peut-ĂȘtre pas le virus ! » Une autre : « un policier m’a demandĂ© ce que je faisais dehors alors qu’il Ă©tait plus de 19 h. La rue, c’est lĂ  que j’habite, ai-je rĂ©pondu ! »

Entre bĂ©nĂ©voles aussi, par tĂ©lĂ©phone, mails, visioconfĂ©rences
 se manifestent l’amitiĂ©, le soutien, des « prends soin de toi » et aussi des pensĂ©es pour les personnes accueillies : « trouventelles de quoi manger ? »

Cette pĂ©riode difficile passĂ©e, nous sommes Ă©mu.e.s quand les personnes accueillies nous disent : « merci d’ĂȘtre lĂ  avec nous et pour nous
 Vous ne nous avez pas laissĂ© tomber pendant le confinement. Nous aspirons Ă  la reprise des repas pour nous retrouver ensemble pour les « Repas du mercredi ».

 

C’est une belle aventure, avec le Seigneur et toute l’équipe du Foyer, que je vis dans cet engagement. Nous sommes diffĂ©rents mais une mĂȘme force nous anime, la foi en Dieu, la foi en l’ĂȘtre humain. Nous donnons et nous recevons. Oui, je suis  heureuse, et dans l’action de grĂące, de vivre des vraies fraternitĂ© et solidaritĂ© au service des personnes accueillies.

Chaque mercredi aprĂšs-midi, nous nous retrouvons en grand nombre dans une bonne ambiance mĂȘme si c’est quelquefois difficile du fait de conflits entre accueilli.e.s, jusqu’à la violence parfois. De belles entraides. Un jour, nous prĂ©parions les desserts. Une jeune femme africaine arrive, son bĂ©bĂ© de dix jours dans les bras. AprĂšs quelques jours Ă  l’hĂŽtel, elle se trouve Ă  la rue. Elia, une accueillie mexicaine, lui propose de la recevoir chez elle en attendant qu’elle trouve un hĂ©bergement. Huit jours aprĂšs, la dame est partie, sans rien dire Ă  Elia. « Je l’ai hĂ©bergĂ©e de bon cƓur, je n’avais pas Ă  connaĂźtre sa situation. Elle Ă©tait libre d’aller retrouver qui elle voulait »

Section No. 1

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Section No. 2

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