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Au carrefour de convictions chrétiennes, fermes et ouvertes, et de préoccupations sociales, laïques et engagées, le Foyer de Grenelle est un lieu ouvert à tous, habitants de son quartier et de plus loin, agissant au service de l’éducation populaire.

Une histoire qui enracine, des convictions qui portent

Au lendemain de l’écrasement de la Commune, un pasteur protestant écossais de passage à Paris, interpellé par des ouvriers, entreprend de leur proposer « une religion de liberté et de réalité ».Bâti en 1895 dans un secteur alors en plein essor industriel, le Foyer de Grenelle est l’une des premières implantations de cette Mission populaire évangélique.

Au carrefour de préoccupations sociales et de convictions spirituelles, il propose aux habitants du quartier action sociale diversifiée, éducation populaire, conférences, étude de la Bible, dans le cadre de la laïcité naissante dont les protestants étaient d’ardents promoteurs.

Au fil du XXè siècle, le Foyer de Grenelle adapte son action à l’évolution de la population du quartier et de ses besoins : l’industrie automobile et ses sous-traitants se développent, entraînant l’arrivée massive d’une population migrante ; puis c’est la désindustrialisation, la précarisation croissante…

Depuis le début des années 1970, le Foyer de Grenelle rassemble l’essentiel de ses activités dans un Centre social, agréé par la Caisse d’allocations familiales, la Ville et le Département.

Résolument laïque et ouvert à tous, le Foyer de Grenelle plonge ses racines dans une inspiration chrétienne protestante, qui lui fait affirmer, avec bien d’autres mouvements et compagnons, qu’il n’y a de fatalité ni dans l’injustice, ni dans l’oppression, ni dans l’échec. Avec toutes celles et ceux qui travaillent dans les mêmes perspectives, il entend « contribuer à rendre habitable et fraternelle la terre habitée », conformément à la charte de la Mission populaire évangélique.

Charte de la Mission populaire évangélique de France

Principes généraux du Mouvement

 « Les personnes et les institutions signataires  de cette charte se reconnaissent ensemble participantes d’un mouvement  de pensée et d’action appelé Mouvement de la Mission Populaire Evangélique de France. Eclairées par l’expérience que la Mission Populaire poursuit depuis 1872, au lendemain de la Commune de Paris, elles constatent  qu’il n’y a de fatalité ni dans l’injustice, ni dans l’oppression, ni dans l’échec. Elles  veulent, en solidarité avec tous ceux qui doivent lutter pour leurs droits et leur dignité, rendre  habitable et fraternelle la terre habitée.

« La Charte du Mouvement constitue pour les signataires la règle commune au nom de laquelle ils s’engagent  à militer pour une laïcité qui favorise et garantisse le libre débat des convictions et la libre collaboration des personnes. En France et à l’étranger, ils sont prêts à œuvrer avec tous ceux qui travaillent dans les mêmes perspectives fraternelles pour que, là où ils vivent, la justice remplace l’oppression, l’équité remplace l’exploitation, le partage remplace le pillage, la dignité remplace le mépris.

 Mission Populaire

« La Mission Populaire Evangélique de France, membre de la Fédération Protestante de France, entend vivre et manifester l’Evangile dans le milieu populaire, en solidarité avec ses luttes, ses espoirs, ses tâtonnements.

« Ses membres s’organisent localement dans des communautés appelées le plus souvent Fraternités, où se retrouvent des hommes et des femmes de tous horizons, croyants et non-croyants ; elles développent des formes fraternelles de vie collective et des activités liées au contexte des quartiers populaires où elles agissent. Pour conduire ces activités, leurs membres constituent des associations qui, du fait de leurs objectifs sociaux, se réfèrent uniquement à la loi du 1er juillet 1901.

« La Mission Populaire Evangélique de France, après avoir agréé les statuts de ces associations, et reconnu leur cohérence avec les principes généraux du Mouvement, met notamment à leur disposition des envoyés et des locaux.

« Les formes d’organisation pratique peuvent varier d’une Fraternité à l’autre. »